Après-midi musicale suivie d’un concert d’été – dimanche 26 aout 2012

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Les Rencontres Musicales et Internationales d’Enghien ont fêté leurs 20 ans !

c’était le 15 mai passé à Enghien, vers 20h, dans les traditionnelles écuries du château, avec un concert.

20 ans de forte implication personnelle, 20 ans d’efforts, 20 ans de générosité, 20 ans de passion pour l’un des plus beaux aspects de la musique : les Master Class.

“20 ans de générosité”, car si la rentabilité financière avait été l’objectif principal de ces organisateurs, la mention de ces Master Class feraient déjà partie de l’encyclopédie exhaustive de l’oubli… Olivier Roberti est le fondateur de ces Rencontres, Olivier Roberti est toujours aux commandes artistiques de ce merveilleux projet qui a vu passer des professeurs de premier plan, des jeunes pousses qui ont par la suite gagné des prix prestigieux et assumé leur vie d’artiste.

Certains irresponsables de la finance ont laissé un monde exécrable qui prône les valeurs de l’égoïsme, d’autres ont investi sans compter dans l’âme de notre civilisation, et de la jeunesse artistique qui en sera bientôt héritière. C’est cette Transmission que j’ai fortement ressentie lors de ce concert mémorable, non tant par la qualité (exceptionnelle) des artistes (mélange de professeurs (Phillipe Grafin au violon), de directeurs artistiques (Olivier Roberti au piano) et d’anciens élèves (Lorenzo Gatto au violon, Asya Sorshneva à l’alto, Camille Thomas au violoncelle), mais surtout par l’interaction et la créativité de ces ensembles. Le début est une série de morceaux joués entre Olivier Roberti et Philippe Grafin (deux amis de longue date), entrecoupés d’une simulation osée et cocasse de répétitions où élèves et professeurs jouaient non synchronisés, de solos (Asya a joué de manière fantastique, 3 petits morceaux de Shuman), pour terminer sur une Tzigane par Lorenzo Gatto l’éternel avec Olivier Roberti au piano. C’était beau (personnellement, la sonorité de l’Alto d’Asya, m’a bouleversé…).

Les IMUSE (nouveau nom des RMIE) sont des Master Class avec un esprit très particulier ; ils se focalisent sur les jeunes artistes (généralement pas encore professionnels) pendant 2 semaines dans une magnifique propriété dans le centre d’un vrai petit village typique et populaire (c’est la campagne!). Ces jeunes artistes qui viennent pour la plupart de l’étranger sont très gentiment accueillis et logés par les habitants d’Enghien, qui viennent souvent ensuite les écouter le soir lors de l’un des nombreux concerts donnés pendant la durée de ces Master Class. Bref, on pourrait penser à une ambiance “relax”, familiale et campagnarde, si ce n’est que cette atmosphère recluse est courue par ces professeurs-”élite” qui parcourent le monde pour donner cours, et que ces jeunes artistes ne pensent qu’à travailler, évoluer,… surtout quand ils se saignent pour payer ces études (les apports du mécénat, sponsoring, subsides, aides ne couvrent malheureusement qu’une petite partie des coûts totaux d’Imuse) – pour anecdote, un de nos talentueux boursiers travaillait dans une sandwicherie.

Mecenagora (en relation avec IMUSE) essaye d’identifier les talents d’aujourd’hui et de demain qui ne disposeraient pas des moyens financiers nécessaires pour assister aux Master Class d’Enghien. Parce que la qualité est indispensable pour que les néophytes puissent aborder la musique classique, parce que la musique classique aujourd’hui est peut-être encore un des derniers remparts où la spéculation et la médiocrité n’ont pas encore prise,  les organisateurs de Mecenagora donnent à ce projet un maximum de leurs temps avec les outils auxquels ils ont accès, et payent même leurs entrées aux concerts qu’ils organisent – la totalité des bénéfices allant dans des bourses d’études. Nous avons toujours besoin de votre soutien.

Longue Vie à IMUSE ! Rendez-vous est déjà pris pour ses 40 ans.

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Merci !

Magnifique concert, avec 3 musiciennes de haut vol accompagnées par une pianiste virtuose – que du bonheur. Un tout grand aussi au Centre Culturel Russe qui nous a si bien accueilli. Ci-dessous quelques photos gracieusement prises par Violaine le Hardy de Beaulieu (merci)

Merci aussi à tous nos mécènes qui nous suivent depuis de nombreuses années. Votre support et enthousiasme nous sont très chers.

 

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Guerre & Paix (1812) – Demandez le programme !

Le programme s’est inspiré des thématiques de “Guerre et Paix”. Comme résumé très rapide, il s’agit d’un roman sur fond historique (les expéditions napoléoniennes en Russie de 1812) qui décrit aussi les strates de la société et de son fonctionnement à l’époque.

Léon Tolstoi (1828-1910) a terminé “Guerre et Paix” en 1869.

Pour répondre à ce thème très vaste, nous avons décidé (autant que possible) de restreindre les choix musicaux sur la base suivante :
- des compositeurs russes, français et d’Europe de l’Est
- des compositeurs en relation avec l’époque du XIXème siècle
- un thème musical dont la couleur se tient et qui pourrait être en phase avec plusieurs thèmes de “Guerre et Paix” : à savoir ; les tumultueuses relations humaines (duels, amour, infidélités, salons de l’intelligentsia), l’âme russe, l’âme française, l’âme humaine, la guerre, la mort, la tristesse, la naïveté, la jeunesse impétueuse, …
- du répertoire de nos boursières

Le but de ce rapprochement entre littérature et musique est essentiellement de mettre en place des têtes de pont pour comprendre la musique classique. Nous avons délibérément décidé de ne pas imposer ces portes – à vous de tenter de les identifier…

Le programme

Mikhaïl Ivanovitch Glinka (1804 du côté de Smolensk (Empire Russe)- 1857 Berlin (Prusse))
1er mouvement de la “Sonate pour alto et piano” – 1825
Asya Sorshneva (alto), Katsura Mizumoto (piano)

Max Reger (1874 en Bavière (Empire Allemand) – 1916 Leipzig (Empire Allemand))
2 premiers mouvements de la 1ère suite de “3 suites pour alto solo op. 131d ” – 1915
Asya Sorshneva (alto)

Belà Bartok (1881 dans le Banat (Roumanie/Empire d’Autriche-Hongrie) – 1945 New-York)
Final de la “Sonate n°1 pour violon et piano” – 1922 à Vienne
Clémence de Forceville (violon), Katsura Mizumoto (piano)

Leos Janacek (1854 à Hukvaldy (Tchéquie/ Empire d’Autriche) – 1928 à Ostrava (Rep. Tchècoslovaque))
2ème mouvement de la Ballade de Sonate pour violon et piano – 1922 à Prague
Clémence de Forceville (violon), Katsura Mizumoto (piano)

Gaetano Donizetti (1797 à Bergame (République cisalpine/ Empire de France) -1848 à Bergame (Empire d’Autriche))
Il segretto per esser felici (de l’opéra “Lucrezia Borgia”) – 1833 à Milan
Amelia Jardon (chant), Katsura Mizumoto (piano)

Gioacchino Rossini (1792 à Pesara (Etats pontificaux) -1868 à Paris (Empire de France))
Per Lui Che adoro (Acte II, Scène 2 de l’opera L’Italiana in Algeri )
Amelia Jardon (chant), Katsura Mizumoto (piano)

Franz Schubert (1797 à Vienne (Empire d’Autriche) – 1828 à Vienne (Empire d’Autriche))
Lachen und Weinen (Lied) – 1822
Amelia Jardon (chant), Katsura Mizumoto (piano)

Lachen und Weinen zu jeglicher Stunde
Ruht bei der Lieb auf so mancherlei Grunde.
Morgens lacht’ ich vor Lust;
Und warum ich nun weine
Bei des Abendes Scheine,
Ist mir selb’ nicht bewusst.

Weinen und Lachen zu jeglicher Stunde
Ruht bei der Lieb auf so mancherlei Grunde.
Abends weint’ ich vor Schmerz;
Und warum du erwachen
Kannst am Morgen mit Lachen,
Muss ich dich fragen, o Herz.

Johannes Brahms (1833 à Hambourg (Conf. germanique) -1897 à Vienne (Empire d’Autriche-H.))
Vergebliches Ständchen Op.84, N.4
Amelia Jardon (chant), Katsura Mizumoto (piano)

Gabriel Fauré  (1845 dans l’Ariège (Royaume de France) – 1924 à Paris (Rep. française))
Le Papillon et la fleur (1861)
Amelia Jardon (chant), Katsura Mizumoto (piano)

Francis Poulenc  (1899 à Paris (Rep. fr.) – 1963 à Paris (Rep. fr.))
Avant le cinéma (quatre poème de Guillaume Apollinaire) – 1931
Amelia Jardon (chant), Katsura Mizumoto (piano)

Georges Bizet (1838 à Paris (Roy. de France) – 1875 près de Paris (Rep. fr.))
Près des remparts de Séville (Carmen) – 1875
Amelia Jardon (chant), Katsura Mizumoto (piano)

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Pierre Kirilovitch Bezoukhov à Borodino (Guerre et Paix – suite)

Ci-dessous des morceaux choisis (provenant toujours de la même source ebooks libres et gratuits) décrivant l’univers de Borodino. Qu’un civil (Bezoukhov) “se promène” sur ces champs de bataille n’est pas innocent… Tolstoi tente l’effet impossible de “neutralité journalistique” qui accentue l’inhumanité malade de la sociologique humaine – l’homme n’est que l’instrument de la destinée décidée par son environnement. Somme toute, une boucle folle et infinie.

Pierre remarquait qu’après chaque boulet tombé, après chaque homme jeté à bas, l’excitation générale augmentait. Ainsi qu’un défi jeté à la tempête déchaînée autour d’eux, les figures de ces soldats s’éclairaient de plus en plus, comme les éclairs qui jaillissent plus précipités d’une nuée d’orage. Pierre sentait que cette ardeur morale le gagnait à son tour. À dix heures, les fantassins, postés en avant de la batterie dans les broussailles et sur les bords de la petite rivière Kamenka, se replièrent ; on les voyait courir emportant leurs blessés sur des fusils. Un général parut en ce moment sur le tertre, échangea quelques mots avec un colonel, lança à Pierre un regard de mauvaise humeur, et descendit après avoir donné l’ordre aux fantassins préposés à la garde de la batterie de se coucher à plat ventre pour être moins exposés. On entendit ensuite un roulement de tambour dans les rangs de l’infanterie, qui s’ébranla à l’instant et se porta en avant. Les regards de Pierre furent attirés par la figure d’un jeune officier tout pâle, qui marchait à reculons, tenant son épée abaissée et regardant autour de lui avec inquiétude ; l’infanterie disparut dans la fumée, et l’on n’entendit plus que des cris prolongés et le crépitement d’une fusillade bien nourrie. Quelques minutes plus tard, des brancards chargés de blessés sortirent de la mêlée. Les projectiles tombaient dru comme grêle sur la batterie, et quelques hommes gisaient à terre. Les soldats redoublaient d’activité autour des canons, personne ne faisait plus attention à Pierre ; une ou deux fois, on lui cria brusquement de se ranger, et le vieil officier, les sourcils froncés, marchait à grands pas entre les pièces. Le petit lieutenant, les joues enflammées, donnait ses ordres avec plus de précision encore ; les artilleurs présentaient les gargousses, chargeaient, et faisaient leur devoir avec une crânerie de plus en plus surexcitée. Ils ne marchaient pas, ils sautaient comme lancés par des ressorts invisibles. La nuée d’orage s’était rapprochée. (Tome 3, XIII)

Des masses d’hommes, vêtus d’uniformes différents, étaient confusément couchés, par dizaines de milliers, dans les champs et dans les prairies appartenant à M. Davydow et aux paysans de la couronne. Sur ces champs et sur ces prairies, pendant des centaines d’années, les paysans des environs avaient fait paître leur bétail et récolté leurs moissons. Aux ambulances, sur l’espace d’une dessiatine, l’herbe et la terre avaient bu du sang ; une foule de soldats blessés ou valides, de. différentes armes, se traînaient, terrifiés, ceux-ci vers Mojaïsk, ceux-là vers Valouïew ; d’autres soldats, affamés, épuisés de fatigue, se laissaient machinalement conduire par leurs chefs, tandis que d’autres restaient encore sur place, et ne cessaient de tirer. Au-dessus du champ, gai et riant quelques heures auparavant, où étincelaient les baïonnettes, et où s’élevaient les vapeurs irisées du matin, s’étendait maintenant un brouillard intense, imprégné de fumée, et se répandait une étrange odeur de salpêtre et de sang. De gros nuages s’étaient amoncelés, une pluie fine mouillait les morts, les blessés et les exténués. Elle avait l’air de leur dire : « Assez, assez, malheureux, revenez à vous… Que faites-vous ? » Un doute passait alors dans l’âme de ces pauvres êtres, et ils se demandaient s’il fallait continuer cette boucherie. Cette pensée du reste ne gagna du terrain dans les esprits que vers le soir ; jusque-là, quoique la bataille touchât à sa fin, et que les hommes sentissent toute l’horreur de leur situation, une force mystérieuse et incompréhensible continuait à diriger la main de l’artilleur, couvert de sueur, de poudre et de sang, qui, resté seul sur les trois servants de la pièce, portait péniblement les gargousses, chargeait, pointait et allumait la mèche !… et les boulets se croisaient toujours dans les airs en faisant toujours de nouvelles et nombreuses victimes…, et cette œuvre terrible, dirigée non par la volonté humaine, mais par la volonté de celui qui mène les hommes et les mondes, poursuivait impitoyablement son cours ! (XXI, Tome 3)

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L’affiche de Mecenagora pour ce concert du 25 Mars !

Vous risquez de la croiser dans la rue…
Sur la très aimable et chaleureuse initiative du Centre Culturel Russe… merci :-)

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Les salons d’Anna Pavlovna (Guerre et Paix – suite)

Tolstoi n’aimait pas les salons, et il le rendait bien dans sa création littéraire. Certaines mondanités étaient plus “exécrables” que d’autres. Les salons d’Anna Pavlovna qui rassemblaient l’intelligentsia peterbourgeoise autoproclamée étaient probablement le genre d’événement qui l’insupportait. Lorsqu’il décrivait ces scènes, Tolstoi y mettait dés lors un plaisir cruel et lent, utilisant un style très en phase de l’événement, affirmant un mépris compréhensible par les “ouverts d’esprit”.

Anna Pavlovna profitait visiblement à la façon d’un bon maître d’hôtel, qui vous recommande, comme un mets choisi et recherché, certain morceau qui, préparé par un autre, n’aurait pas été mangeable : elle avait ainsi servi à ses invités le vicomte d’abord, et l’abbé ensuite, deux bouchées d’une exquise délicatesse. » (je vous invite à lire une proposition d’analyse ici)

Mr. Pierre, le héros de notre thème, a fréquenté nombres de cercles, et y compris celui d’Anna Pavlovna. Avant la mort de son père (le Comte Bezoukhov), Pierre était considéré comme un bâtard, une charité, un invité de troisième zone (mais un peu mieux que le personnel de maison). Après la mort de son père, et la désignation de ce dernier en tant qu’héritier, Bezoukhov se décomposa soudainement charogne de choix pour vautours aguerris…

Bientôt après, un jeune homme, gros et lourd, aux cheveux ras, fit son entrée dans le salon. Il portait des lunettes, un pantalon clair à la mode de l’époque, un immense jabot et un habit brun. C’était le fils naturel du comte Besoukhow, un grand seigneur très connu du temps de Catherine et qui se mourait en ce moment à Moscou. Le jeune homme n’avait encore fait choix d’aucune carrière ; il arrivait de l’étranger, où il avait été élevé, et se montrait pour la première fois dans le monde. Anna Pavlovna l’accueillit avec le salut dont elle gratifiait ses hôtes les plus obscurs. Pourtant, à la vue de Pierre, et malgré ce salut d’un ordre inférieur, sa figure exprima un mélange d’inquiétude et de crainte, sentiment que l’on éprouve à la vue d’un objet colossal qui ne serait pas à sa place. Pierre était effectivement d’une stature plus élevée que les autres invités ; mais l’inquiétude d’Anna Pavlovna provenait d’une autre cause : elle craignait ce regard bon et timide, observateur et sincère, qui le distinguait du reste de la compagnie.

Vous avez d’autres idées de passages, citations dans Guerre et Paix qui pourraient s’illustrer “musicalement” (ici à propos des “salons”) ? Postez-les donc en commentaire…

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Invitation au concert de printemps, ce dimanche 25 mars 2012

Guerre et Paix
“Voyage dans l’âme de Bézoukhov”

Le dimanche 25 mars 2012 à partir de 17h30
au Centre Culturel et Scientifique de Russie
rue du Méridien 21, 1210 Bruxelles
Glinka, Stravinsky, Bartok, Brahms, Schubert, Poulenc, Donizetti, Bizet, Fauré et textes de Tolstoi
accompagnées au piano par Katsura Mizumoto
suivi d un apéro à la russe..
Comité d honneur : Lorenzo Gatto, Jeanne Maisonhaute, Dimitri Murrath, Grégoire Tolstoi
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Entrée « abonnement mécènes 2012 » (incluant l’entrée au concert d’été à Enghien) : 30 €
Entrée unique pour le concert de printemps : 15 € (étudiants sur justificatif)/ 20 €
Réservations et préventes (souhaitées) via: mecenagora@gmail.com- 132-5046409-25
L’intégralité des bénéfices du concert serviront à financer les bourses de nos jeunes musicien(ne)s.
pour une bonne préparation au concert et texte de Tolstoi, n’hésitez pas à participer sur www. mecenagora.be
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L’arbre d’André (Guerre et Paix – suite)

Suite au premier article d’introduction sur “Guerre et Paix” de Tolstoi, des articles avec des passages choisis, alimenteront régulièrement ce blog. En guise d’ouverture du bal, je vous convie à l’un des passages les plus connus de ce livre.

Pour la plupart des russes ce passage est un des plus représentatifs de “guerre et paix”. Tel un poème de Pouchkine, les écoliers l’apprennent à l’école (au même titre que nous pour les poèmes de Ronsart, du Belay,…). Je trouve ce passage d’autant plus pertinent, car quand on le lit, on peut très vite l’imaginer en “musique”… une de ces musiques ouvertes, non contrôlées qui fait fi de toute narration, uniquement accessible aux esprits ouverts.

En mettant en place le programme du 25 Mars, il y a un style de musique spécifique (on postera le programme très prochainement) auquel j’ai voulu rapprocher ce texte – je laisse expressément cette réponse ouverte. A vous de trouver votre bonne réponse.

(…) ” Au mois de juin, le prince André, en revenant chez lui, traversa de nouveau la forêt de bouleaux. Les clochettes de l’attelage y sonnaient plus sourdement que six semaines auparavant. Tout était épais, touffu, ombreux : les sapins dispersés çà et là ne nuisaient plus à la beauté de l’ensemble, et les aiguilles verdissantes de leurs branches témoignaient d’une manière éclatante qu’eux aussi subissaient l’influence générale.

La journée était chaude, il y avait de l’orage dans l’air : une petite nuée arrosa la poussière de la route et l’herbe du fossé : le côté gauche du bois restait dans l’ombre ; le côté droit, à peine agité par le vent, scintillait tout mouillé au soleil : tout fleurissait, et, de près et de loin, les rossignols se lançaient leurs roulades.

« Il me semble qu’il y avait ici un chêne qui me comprenait, » se dit le prince André, en regardant sur la gauche, et attiré à son insu par la beauté de l’arbre qu’il cherchait. Le vieux chêne transformé s’étendait en un dôme de verdure foncée, luxuriante, épanouie, qui se balançait, sous une légère brise, aux rayons du soleil couchant. On ne voyait plus ni branches fourchues ni meurtrissures : il n’y avait plus dans son aspect ni défiance amère ni chagrin morose ; rien que les jeunes feuilles pleines de sève qui avaient percé son écorce séculaire, et l’on se demandait avec surprise si c’était bien ce patriarche qui leur avait donné la vie !

« Oui, c’est bien lui ! » s’écria le prince André, et il sentit son cœur inondé de la joie intense que lui apportaient le printemps et cette nouvelle vie. Les souvenirs les plus intimes, les plus chers de son existence, défilèrent devant lui. Il revit le ciel bleu d’Austerlitz, les reproches peints sur la figure inanimée de sa femme, sa conversation avec Pierre sur le radeau, la petite fille ravie par la beauté de la nuit, et cette nuit, cette lune, tout se représenta à son imagination : « Non, ma vie ne peut être finie à trente et un ans ! Ce n’est pas assez que je sente ce qu’il y a en moi, il faut que les autres le sachent ! Il faut que Pierre et cette fillette, qui allait s’envoler dans le ciel, apprennent à me connaître ! Il faut que ma vie se reflète sur eux, et que leur vie se confonde avec la mienne ! » (…)

(Guerre et Paix, Hachette, 1901, tome 2, pge 15)

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Borodino 1812, 200 ans déjà… (Guerre et Paix – suite)

Le thème de notre concert est “Guerre et paix“, avec un focus particulier sur les méandres de Bezoukov. D’abord fervent admirateur de Napoléon après son voyage à Paris, Bezoukov aura ensuite le dessein de l’assassiner lorsque ce dernier s’approchera de Moscou.

Cette année (ô grand hasard), en 2012, les russes commémoreront leur victoire de Borodino. De cette bataille, les 2 camps auront eu l’impression de sortir vainqueurs ; aucune des 2 armées n’auront en effet été détruites, l’armée du tsar se retirant même et laissant route vers Moscou à la “Grande Armée”. Napoléon, suite à cette bataille, s’installa ensuite au Kremlin. Néanmoins, dans une conception de jeu d’échec, on pourrait dire que Koutouzov (le général en chef des armées du Tsar) avait remporté une manche décisive. Il avait en effet compris que le secret de la guerre consistait en une maîtrise sans faille de la logistique – Napoléon n’aurait également jamais imaginé que les russes auraient été capable de brûler leur capitale, attendant patiemment que l’hiver les déboute.

Ci-dessous un article sur les “festivités” organisées par le Centre Culturel russe à propos de ce 200ème anniversaire.

Dans le cadre des préparatifs du 200ème anniversaire de la victoire russe lors de la Campagne de Russie de 1812, la représentation de Rossotrudnichestvo en Belgique avait organisé en novembre et décembre 2011, conjointement avec le musée-panorama de la bataille de la Moskova, une série d’évènements culturels destinés à attirer l’attention sur cette date cruciale tant pour la Russie que pour l’Europe.

Le 25 novembre 2011 s’est déroulée à l’Université Libre de Bruxelles- l’un des plus grands centre scientifique et universitaire de Belgique, fort de ses 24 000 étudiants et 5 000 collaborateurs- et avec le soutien du département Langue et littérature russes, une conférence d’introduction présidée par le directeur de la section exposition du musée-panorama de la bataille de la Moskova E.V. Semenichtcheva, intitulée : «1812- 2012. L’influence de la Campagne de Russie sur l’histoire et la littérature russe ». Etudiants et professeurs de différentes universités ayant les études russes à leur programme prirent part à l’évènement.

Un cours ouvert ainsi qu’un jeu de questions-réponses sur l’histoire et la littérature furent proposés à l’école russe des « Petits génies » (Bruxelles), qui compte plus de 150 élèves russes et issus de familles bilingues, en partenariat avec l’Association belge des écoles russes. Les gagnants du concours reçurent en cadeau des livres du Centre culturel et scientifique de la Russie.

Le Centre culturel et scientifique russe à Bruxelles a organisé le 28 novembre dernier la présentation de l’exposition « Borodino : la bataille des géants. 1812-2012 », élaborée par les spécialistes du musée-panorama de la bataille de la Moskova. Les visiteurs purent également visionner des images sur l’histoire de la création et sur la vie contemporaine du « Champ de Borodino ».

Cette exposition se déroulera du 16 décembre 2011 au 16 février 2012 à la bibliothèque de l’ULB. Le programme des évènements sera prolongé durant l’année 2012.

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